Si même dans les pays capitalistes anglo-saxons, les dirigeants politiques interviennent dans la vie sociale et la stratégie des entreprises, la liberté d’entreprendre pourrait devenir un concept démodé. Ainsi, le président américain, Donald Trump, a exigé jeudi la démission immédiate du nouveau PDG d'Intel, Lip-Bu Tan, en raison de ses liens avec des entreprises chinoises.
Les déclarations de Donald Trump interviennent au lendemain d'une révélation de Reuters selon laquelle le sénateur républicain, Tom Cotton, avait adressé une lettre au président du conseil d'administration d'Intel, soulevant des questions sur les liens de Lip-Bu Tan avec des sociétés chinoises (200 millions de dollars investis dans des centaines d'entreprises chinoises) ainsi qu'une affaire pénale récente impliquant son ancienne entreprise, Cadence Design.
Lip-Bu Tan, homme d'affaires sino-américain né en Malaisie, a également été PDG de Cadence Design de 2008 à 2021. Durant cette période, l'éditeur de logiciels de conception de puces a vendu des produits à une université militaire chinoise soupçonnée d'être impliquée dans la simulation d'explosions nucléaires. Le mois dernier, Cadence a accepté de plaider coupable et de payer plus de 140 M$ pour régler les accusations américaines liées à ces ventes.
Pour sa part, le patron d’Intel a indiqué dialoguer avec l'administration pour répondre aux questions soulevées et assurer qu'ils disposent des faits. Aussi, il est sous pression car Intel a reçu plus de 8 milliards de dollars d’aide de la part de l’Etat pour relocaliser une partie de la production de puces aux Etats-unis. D’ailleurs, même Apple a dû promettre 100 Mrds $ d’investissements aux Etats-unis, pour échapper à des droits de douane sur les semi-conducteurs importés.
En effet, les pouvoirs publics s’invitent désormais dans la vie interne des entreprises via plusieurs leviers. Le premier est celui de la gourmandise du nouveau capitalisme qui lorgne sur l’aide publique sous toutes ses formes. En particulier, comme “there is no free lunch”, les dirigeants politiques monnaient leurs aides. Le second levier est la politique fiscale (droits de douane, TVA, iS …), avec des négociations de plus en plus directes avec les grands groupes.